Les points clés :
🦄 Le 29 février reste la date la plus rare (27 832 naissances depuis 1968) pour une raison purement calendaire
🎄 Les jours fériés enregistrent systématiquement moins de naissances, avec Noël en tête (-22%), le Nouvel An (-17%), et le 1er mai (-11%) Gambin
🏥 Trois raisons principales expliquent ce phénomène :
- L’organisation hospitalière : personnel réduit les jours fériés
- Environ une naissance sur cinq est une césarienne pouvant être programmée à des heures ouvrables Insee
- Les choix des parents qui préfèrent éviter les périodes festive
Le 29 Février : La Rareté Absolue
Sans surprise, la date de naissance la plus rare est le 29 février, qui n’existe que lors des années bissextiles survenant tous les quatre ans. Depuis 1968, seulement 27 832 naissances ont été enregistrées à cette date. Cette rareté est purement mathématique : contrairement aux autres dates peu fréquentes, elle n’est pas liée à des choix médicaux ou sociaux, mais simplement au calendrier.
Les personnes nées un 29 février, surnommées les « Bissextiles », célèbrent même leur propre journée dédiée lors des années bissextiles. Cette date confère un statut unique à ceux qui y sont nés, même si le nombre de naissances par occurrence reste comparable à la moyenne quotidienne.
Les Jours Fériés : Des Dates Systématiquement Évitées
Au-delà du 29 février, les jours fériés enregistrent significativement moins de naissances. Le palmarès est éloquent :
Noël (25 décembre) : Le jour ayant le minimum de naissances avec 1 600 accouchements en moyenne, soit une sous-natalité de -22%. C’est le jour férié le plus important de l’année, et cette date d’anniversaire symbolique semble peu désirée par les familles.
Nouvel An (1er janvier) : -17% de naissances par rapport à la moyenne. La période de fêtes et de repos décourage les accouchements programmés.
Autres jours fériés : Le 1er mai affiche -11% de naissances, le 1er novembre et le 8 mai -9%, et le 11 novembre -7%.
Même les jours fériés « flottants » comme Pâques, l’Ascension et la Pentecôte présentent des creux de naissances. Le lundi de Pâques, lorsqu’on isole tous ceux depuis 1968, arrive en quatrième position des anniversaires les plus rares.
Pourquoi Moins de Naissances les Jours Fériés ?

Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène :
1. L’Organisation Hospitalière
Selon la gynécologue-obstétricienne Lydie Chérier, environ une naissance sur cinq est une césarienne pouvant être programmée à des heures ouvrables. Il y a moins de naissances programmées ces jours-là en raison de la réduction du personnel médical disponible pendant les jours fériés.
Les maternités fonctionnent avec un personnel réduit durant les jours fériés, limitant la capacité d’accueil et la disponibilité des équipes médicales pour les interventions programmées.
2. Les Choix des Parents
Les familles préfèrent éviter d’accoucher pendant les périodes festives, pour plusieurs raisons :
- Profiter d’une meilleure prise en charge médicale les jours ouvrables
- Éviter que l’anniversaire de leur enfant soit « noyé » dans les festivités de Noël ou du Nouvel An
- Permettre aux proches d’être présents plutôt qu’en vacances
3. Les Accouchements Programmés et Déclenchés
De nombreuses césariennes sont programmées à des horaires de bureau, en semaine, et certains accouchements sont induits pour des raisons médicales en fonction de la disponibilité des équipes hospitalières. Cette programmation médicale contribue directement à réduire les naissances les jours fériés.
Les Week-ends : Aussi Moins Fréquents
Les week-ends présentent également moins de naissances que la semaine. Entre 1987 et 2013, moins d’un quart des enfants sont nés le week-end, alors qu’une répartition équitable donnerait plus de 28%. Cette tendance s’explique par la multiplication des naissances programmées ou déclenchées en semaine.
Les Jours Autour de Noël
Les 23 et 24 décembre connaissent aussi une baisse notable des accouchements, même s’ils ne sont pas fériés. L’approche des fêtes et la réduction progressive de l’activité hospitalière influencent déjà les chiffres.
Un Record : Le 1er Janvier 1994
Le jour le moins faste pour les anniversaires dans l’histoire récente française est le 1er janvier 1994, avec seulement 1 254 naissances enregistrées. Ce chiffre exceptionnel s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs : jour férié, week-end, et peut-être des conditions météorologiques particulières.
Des Facteurs Socioculturels Complexes
La rareté de ces dates ne dépend pas uniquement du hasard. Elle résulte d’une interaction complexe entre :
- Les contraintes calendaires (29 février)
- Les pratiques médicales modernes (programmation des accouchements)
- Les choix socioculturels (éviter les jours de fête)
- L’organisation des services hospitaliers
Les dates de naissance les plus rares révèlent bien plus qu’une simple curiosité statistique. Elles témoignent de l’évolution de la médecine moderne, qui permet aujourd’hui de programmer de nombreux accouchements, et des préférences sociales des familles françaises. Si naître un 29 février reste une rareté purement mathématique, avoir son anniversaire le jour de Noël ou du Nouvel An relève davantage d’un choix – ou d’une absence de choix – lié à l’organisation médicale et aux aspirations familiales.
Les personnes nées ces jours-là peuvent donc se considérer comme véritablement uniques !


